Le camp de Dachau
Introduction
Arrestation Prison
Le train de la mort
Le camp de Dachau
Le camp de Neckarelz
Le camp de Vaihingen
La libération
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« extraits de l’ouvrage »

… Le 5 juillet, à 15 heures, le train entre en gare de Dachau. Est-ce un soulagement pour vous ?
Pour moi oui, car cela signifie que le voyage se termine, que nous allons quitter ce train et son horrible odeur. Mais bien vite je m’inquiète car un de nos camarades de Saint Maixent, René Chaigneau a pour nous cette réflexion : « c’est Dachau les gars …

… Sur le quai, les SS et leurs chiens nous attendent. Nous devons nous mettre en rang par cinq et marcher à peu près deux kilomètres de la gare vers le camp. Pendant le trajet nous sommes injuriés par les civils allemands et les enfants nous lancent des cailloux …

… Nous nous arrêtons sur la grande place où un déporté fait l’appel sous une petite pluie fine. Je revois encore le SS tenir le parapluie au-dessus de ce déporté, ce n’est pas lui qu’il veut protéger, mais l’unique liste des déportés du convoi. Quand il cite le nom d’un camarade mort pendant le voyage, nous osons dire entre les dents « Mort pour la France » …

… Après ces quelques moments passés au camp, qu’avez vous envie de dire ?
Quand on rentre dans un camp de concentration, il faut laisser ses biens personnels : pour ma part, je laisse un petit sac et dans une petite pochette en papier, je glisse une chevalière, ma vraie carte d’identité et un billet de 5 francs.
Il faut laisser son identité : je ne m’appelle plus Ropiquet, je deviens le matricule 77 363 …

… De quoi se composent vos repas ?
La soupe est toujours très claire composée de rutabagas. Nous recevons aussi un bout de pain et un petit morceau de margarine que j’ai bien du mal à avaler au début …

… Vous restez donc dans cet endroit 40 jours.
Eh bien non pas exactement, puisque le 21 juillet nous devons regagner la place d’appel où un SS demande à chacun sa profession. Je ne m’inquiète pas, je me dis que nous allons bientôt aller travailler …

histoire d'un déporté 23/03/02
Copyright Maryline RENAUD